Édito – Bulletin paroissial

REVENIR AU CÉNACLE

Au matin de la Pentecôte, les apôtres sortent du Cénacle. Aujourd’hui, nous constatons qu’il y a une forte tentation d’être constamment à l’extérieur, et nous risquons d’oublier qu’avant d’être à l’extérieur, les apôtres étaient à l’intérieur du Cénacle, « où ils étaient assidus à la prière ». Dans cette extériorisation systématique (ou systémique ?), certains pensent qu’il faut avoir un avis sur tout, même sans connaître ni chercher la vérité, qu’il faut tout commenter dans le monde et en particulier sur les réseaux sociaux. Cette surexposition médiatique transforme les hommes en réactionnaires systématiques qui en perdent l’unité et la paix.

L’homme ne prend plus le temps de se retirer pour soigner sa vie intérieure, de rentrer au Cénacle pour recevoir et écouter l’Esprit mais, croyant devoir donner son opinion sur tout, il génère des tensions en lui et autour de lui. La paix, rappelons-le, est un fruit de l’Esprit Saint.

Le cardinal Grech, en charge du synode, redit souvent qu’il ne s’agit pas tant de s’écouter les uns les autres que d’écouter ce que l’Esprit Saint nous dit à travers les uns et les autres, certains confondant la synodalité et la libre expression de leurs idées personnelles.

Si nous ne voulons pas n’écouter que nous-mêmes – ni l’Accusateur – dans toutes nos ex- pressions extérieures, mais l’Esprit Saint, il est indis-pensable de revenir au Cénacle. Alors que les apôtres en sortent, nous entendons l’appel à prier avec intensité pour être enflammés par le Seigneur, pour que l’Esprit Saint, et non nos plans, renouvelle nos vies et l’Église dans la ferveur de l’Évangile.

Abbé Dedieu, votre curé